Je vous en avais parlé un peu, je l’ai enfin fait. Découpé en plusieurs articles, vous aurez dans cette série un petit aperçu de ce qu’ont été les montagnes russes qui ont mené à la republication du Babel que vous avez connu en Le sang des bas-fonds.
Commençons par le commencement, un manuscrit, c’est quoi ?
C’est d’abord un premier jet, rédigé avec plus ou moins de vitesse et plus ou moins de relecture. Pour le cas de Babel, j’ai utilisé l’émulation du mois de novembre (on en reparlera) pour commencer et presque finir mon premier jet. J’ai alors écrit écrit écrit sans jamais me retourner, tout en suivant une trame que j’avais détaillée.
On peut donc parler d’un premier jet franchement pas top. Il cumule les incohérences (un personnage qui change de couleurs de cheveux), des faux raccords (pourquoi X sait ça alors qu’il n’était pas dans la pièce et qu’il n’a pas été prévenu ?), des fautes de français et une looooongue liste de répétitions.
Et c’est normal, il s’agit d’un premier jet non relu.
De la première relecture à la première publication…
En général, celle-ci fait mal aux yeux. Les plus grosses incohérences nous sautent aux yeux, et c’est là que l’on rit le plus (“ça va ! Ne monte pas sur tes grands cheveux ! s’exclama-t-elle”). On peut aussi être tenté de juste glisser le fichier dans la corbeille. Grave erreur.
A la première relecture, j’ai surligné toutes les incohérences, tous les passages maladroits et illisibles. Au début, j’ai même mis des post-it sur chaque page surlignée. Et j’ai vite arrêté, parce que les post-it, ça coûte cher, et qu’en mettre à toutes les pages, c’est complètement contre productif.
Première repasse sur mon fichier Word, dont je suis assez fière du résultat. Je me fais même offrir Antidote pour Noël et m’étrangle un peu devant son analyse du texte… Mais une faute pour 500 mots, c’est plutôt bien. Et si je pâlis devant le nombre de répétitions, je sais que je m’en sortirais.
Nous sommes début février, j’ai enfin un texte propre. Pour celleux qui lisent sur liseuse, vous avez connu cette version, publiée le 28 février 2020.

Que l’on soit clair : avec le recul, je n’aurais jamais dû cliquer sur publier.
Ceci dit, on fait tous des erreurs et, comme tout le monde, je n’ai pas fini d’en faire ! Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement parce que cette version n’a été lue et relue QUE par moi et deux bêta lecteurs déjà acquis à ma plume. Et que cela s’est senti dans les premiers retours de vrais lecteurs que j’ai eu…
Interlude : qu’est-ce que la beta lecture ?
La beta lecture est une lecture critique d’une œuvre. Elle est là pour identifier les personnages faibles, les intrigues sans queues ni têtes ou les ambiances insuffisantes.
Et autant Babel ne souffrait pas de ses personnages ou de son intrigue (ouf, l’honneur est sauf!), autant il manquait beaucoup d’arrière plan. On y trouvait pas les brumes flottant au petit matin dans la fosse sans fond. On ne marchait pas sur des tapis moelleux ou de la roche dure. J’avais foncé à l’essentiel sans forcément poser le décor….
Alors j’ai retravaillé le décor et ai pu sortir un livre dont je suis enfin fière. Babel, le sang des bas-fonds, est disponible au format broché et ebook sur toutes les librairies en ligne à la date de ses un an…

En réalité, Babel, le sang des bas-fonds n’est pas resté disponible si longtemps que ça. En tout cas, pour un livre auto-édité.
La durée de vie d’un livre est… courte
Je vais peut-être vous apprendre quelque chose d’assez moche : la durée de vie d’un livre, en librairie, est de trois mois. C’est court. Très court. Mais les libraires n’ont pas d’étagères extensibles. Alors pour faire de la place aux nouveautés qui arrivent chaque semaine, ils doivent sacrifier les livres qui ne se vendent pas. Déjà qu’ils ont choisi parmi un catalogue IMMENSE de sorties, ils doivent encore élaguer leur offre. Et, bien souvent, ce sont les auto-édités qui pâtissent le plus de ce système.
Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en tant qu’auto-édité, la gestion des stocks est à notre charge, et non pas à celle du distributeur payé par la maison d’édition. Par conséquent, nous fonctionnons soit en « impression à la demande » (POD), soit en dépôt en librairie. Pourquoi un libraire irait encombrer ses étagères déjà bien trop remplies de nouveau livres qui risquent fort de prendre la poussière ? Vous commencez à saisir l’idée.
Quant aux livres renvoyés aux éditeurs par le libraire car invendus, ils lui sont parfois remboursés parfois non (abimés, clause du contrat etc…). Mais dans tous les cas, ils finissent au pilon. Donc détruits. Quel gâchis.
Pour Babel, le sang des bas-fonds, j’avais choisi la stratégie de l’impression à la demande essentiellement dans l’idée d’éviter le pilon au maximum de mes bébés. Le fait de ne pas avoir à gérer de stocks m’a confortée dans le fait que mon choix était le bon.
Et puis, j’ai reçu un coup de fil…
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